September 21, 2007

D114, une petite route tranquille…

A la sortie de Camplong d’Aude, dernier village avant les gorges du Congoust (au-delà desquelles vous trouverez les gîtes de la Fraissinède), vous trouverez un panneau indiquant Montlaur.

Souvent, à côté de ce panneau, vous y verrez avec un certain étonnement du linge sécher… On est pourtant sur une départementale! Est-ce bien un endroit pour exposer ses petites culottes, bonne mère!

 

Bon, on vous l’accorde: cette départementale ressemble plus à une route communale qu’à une autoroute…

Et c’est vrai aussi, qu’on a du mal à se croiser… Elle est étroite, sinueuse, souvent bordée d’un ravin. Grands dieux… Mais où sont-ils allés s’installer ces anciens Savigniens!

Un conseil: si vous croisez quelqu’un écartez-vous, arrêtez-vous, laissez passer… car voici ce qui arrivera à votre rétro, si comme moi, vous forcez le passage:

 

Il paraît que certains locaux rabattent leur rétroviseur avant d’aborder les gorges du Congoust…  La sagesse est le fruit de l’expérience… 

Le temps des vendanges

Début septembre, des panneaux invitant à faire attention aux vendangeurs ont fleuri, un peu partout dans les Corbières… Voici celui de Montlaur :

 

Les vendangeuses ralentissent le trafic sur toutes les routes, même les nationales. Si vous avez un avion ou train à prendre ces temps-ci, mieux vaut prévoir l’éventualité de faire une grande partie du parcours à 35 km/h…  

Je me réjouissais de voir des armées de vendangeurs dans les vignes avoisinantes. Déception : l’humain, ici aussi, a laissé la place à la machine. La vendangeuse, si chère (plus de 100 k€) mais si efficace, fait baisser significativement le prix de la cueillette (exemple de prix : 0,20 €/ kilo en manuel, 0,06 €/ kilo avec la vendangeuse).

Ci-dessous, la vendangeuse du maire de Montlaur, vieille de 20 ans, bientôt obsolète. Ses particularités : elle n’a que 3 roues (les actuelles en ont 4) et il n’y a pas de cabine pour protéger le conducteur. De plus, son fonctionnement est basé sur des secousses infligées aux grappes et à la vigne, contrairement aux vendangeuses modernes, qui elles, reposent sur les phénomènes vibratoires et la résonance (les vibrations communiquées par la machine au palissage de la vigne et aux pieds de vignes selon une fréquence appropriée permettent de détacher les grains de raisin, qui se séparent de la grappe et tombent sur un tapis pour être ensuite entraînés vers des bacs).  

 

En voici une moderne, remarquez mon vélo qui donne l’échelle!

 
Elle vendange un hectare en 2 heures, alors qu’il faut 70 heures à la main. Parmi ses avantages, il faut également noter qu’elle accepte facilement de travailler la nuit (il est préférable de récolter le raisin blanc à la fraîcheur).

Le conducteur se contente de tenir la machine sur le rang de vigne, aidé par des palpeurs qui corrigent automatiquement l’axe et l’assiette de la vendangeuse pour que les batteurs soient parallèles aux fils de fer… Toute vigne ne peut être vendangée mécaniquement :  la vigne doit être assez haute, aucune grappe à moins de 30 cm du sol. De plus, le palissage est soumis à rude épreuve : il faut assez souvent changer des piquets.

Enfin, les grains de raison sont écrasés et partent vite en fermentation… Il faut donc très vite mettre le moût à l’abri.

Les raisins servant à élaborer les meilleurs vins sont eux récoltés dans des cagettes de 10 à 20 kilos pour éviter cet écrasement. 

Alors ce regret tout de même: la fameuse ambiance du temps des vendanges a disparu…

Laissons un ancien de Montlaur témoigner : « On s’était diverti à la vigne, et les garçons avaient capouné les filles, autrement dit, avaient barbouillé le visage de ces dernières de moût de raisin quand elles laissaient tomber des grains de raisin au pied de la souche. Mais le soir, malgré la fatigue, on se retrouvait au bal des vendanges, qui regorgeait de jeunesse et de curieux de tout âge. De nos jours, la vendange est moins gaie ; plus de fête familiale ni de bal. Même les saisonniers venus d’Espagne, qui ont remplacé ceux provenant des départements voisins, semblent avoir oublié leur allégresse d’outre-Pyrénées ».